Chapitre 4 : Le Noble Art de la Chasse.

Publié le par Gaqkua

Akavar, Krayvur, et les quatre démons dudit démoniste étaient assis autour d’un énième feu de camp, sur le bord de la plage de Strangleronce. Et ils étaient visiblement un peu blasés. Du fait qu’ils se paumaient tout le temps et qu’ils n’avaient pas vu la civilisation depuis trois jours. Et aussi du fait que Gaqkua était agaçant, que Flaadrom était trop bavard, que Charthang avait toujours faim, que Carrona avait trouvé de vieux vêtements (sur un squelette humanoïde pendu à un arbre par la cheville droite) à enfiler et ne portait plus son bikini, que Krayvur était peu affable et qu’Akavar se plaignait sans arrêt, gémissant sur son triste sort, et sur la fatalité du destin et sur ce monde pourri qui ne le méritait pas.

C’était donc dans une ambiance plus ou moins maussade qu’ils étaient tous assis sur le sable, à manger des plantes médicinales que Gaqkua avait cueilli avec sa compétence d’herboriste (cf saison 1 chapitre 2). Après un quart d’heure passé à manger leurs rations sans causer, Gaqkua sauva la situation en lançant un sujet de conversation.

Gaqkua : … Le sable me gratt’ le cul.
Akavar : Gaqkua, tu parles de plus en plus mal.
Gaqkua : Ouais et alors ?
Akavar : Bah alors, y a une dame.
Gaqkua : Carrona ? C’est une démone ! C’est le Mal !
Akavar : Mais non… Krayvur représente le Mal Nihiliste, Gaqkua c’est le Mal Egoiste et Pénible, Akavar c’est le Mal Corrupteur, et Flaadrom c’est le Mal Malsain. Mais Carrona c’est pas le Mal. C’est l’inverse du Mal, c’est elle qui renforce nos aspets négatifs par sa pureté d’âme.
Carrona : Oh merci ! Flatteur ! Je vais encore rougir…
Charthang : Et moi alors ?
Gaqkua : Toi ferme-la et mange.
Flaadrom : Quelles sont donc ses plantes que nous dégustâmes tantôt ? Elles furent goutûes…
Gaqkua : Hein ?
Akavar : Il demande ce qu’on a bouffé.
Gaqkua : De la pâlerette. Vous en mourrez pas. Sauf Akavar. Je lui ai filé de la doulourante. Parfumé d’un peu de gangrelotus.
Akavar : Gaqkua, je te hais, tu peux pas savoir à quel point… AH MON VENTRE !

Le démoniste se leva d’un bond, en se tenant le bide, et se dirigea promptement derrière un buisson pour vomir.

Gaqkua : Hahaha ! Je m’aime !
Flaadrom : Un humour particulier. Que j’ai bien du mal à cerner.
Gaqkua : C’est à toi que j’aurai dû filer la doulourante.
Carrona : Pauvre type !
Gaqkua : Rohlalala, vous êtes lourdingues aujourd’hui !
Charthang, qui n’avait rien écouté : Miam, c’était très bon ! Il en reste pas un peu ?
Gaqkua : Tiens, Akavar a pas fini.
Charthang : Ah merci Gaq.
Carrona : Euh, Charthang, tu ne devrais pas man…
Gaqkua : Tututututut ! Mange à ta guise, mon cher ami obèse.
Charthang : Pour une fois que t’es sympa, c’est vraiment surprenant.
Gaqkua : T’imagines pas à quel point…
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Le lendemain matin, alors que Charthang et Akavar finissaient tout juste de dégobiller partout, le groupe se remit en route. Toutefois, avant, on incinéra Gaqkua dans sa couchette pour faire bonne mesure.

Puis le groupe s’avança dans la jungle à la recherche de la civilisation. Parce qu’on était pas là que pour déconner, il fallait aussi mettre fin aux plans monstrueux de Schpunzer. Et donc ils quittèrent la relative sécurité des côtes pour s’enfoncer dans la jungle elle-même.

Akavar : Gaqkua c’est la dernière fois que tu montes sur un zeppelin. Dire que Schpunzer doit être en train de mener la belle vie en ce moment même.

__________

Et au même moment, Schpunzer traversait les territoires trolls, en slip, un boulet accroché au pied, poursuivi par une meute de jaguars. Son diablotin Fizkit le suivait de près en se fendant la poire.

Schpunzer : Fizkit, c’est la dernière fois que je te laisse t’occuper des détails de mes voyages…
Fizkit : Trop mort de rire !

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Finalement, en fin de journée, après s’être fait courser par une bande d’ogres, être tombé dans un ravin dissimulé derrière de la végétation, avoir été à moitié bouffé par deux raptors géants, Akavar tomba enfin sur un semblant de civilisation, un petit campement au bord d’une rivière, avec un nain, quelques humains…
Qui ne les attaquaient pas, pour une fois.

Le nain s’avança vers lui et le jugea du regard. Son avis sur le mort était assez négatif, en partie à cause de ses vêtements déchirés, de son visage couvert de sang séché, et de son collier en têtes de trolls (qu’il avait confectionné lui-même dans un élan de rage).

Akavar : Euh. Salut.
Nain : ‘Lut ! T’es perdu ?
Akavar : Ouais. Moi et ma bande derrière, on est carrément paumé.
Nain : Je vois ça. Surtout qu’il y a pas de « bande » derrière toi.

Le démoniste se retourna et constata lui aussi l’absence de sa charmante compagnie.

Akavar : BORDEL ! Où ils sont encore passés ces pignoufs ? J’étais sûr qu’ils suivaient ! J’ai dû les perdre au niveau du bassin de crodilisques.
Nain : Ah, bin c’est bien dommage ça !
Akavar : Boh, je les reverrai. J’suis Akavar, démoniste.
Nain : Moi c’est Bobby la Gâchette, j’suis chasseur ! T’es au campement de Newingsary mon pote !
Akavar : Ok. Et si je veux aller à Baie du Butin c’est loin ?
Bobby : Houla, c’est pas à côté ça.
Akavar : Galère…
Bobby : J’peux t’y conduire.
Akavar : Sérieusement ?
Bobby : Ouais. Mais en échange, j’veux quelque chose !
Akavar : Je le savais ! Faut toujours que les gens me prennent pour un clodo ! Marre de rendre service… Pfff… Bon ok, je dois tuer qui ?
Bobby : Calmos. T’as l’air potable comme combattant, tu vas juste aller à la chasse avec moi, j’suis sur les traces d’un diablosaure !
Akavar : Y a des diablosaures à Strangleronce ?
Bobby : En fait pas vraiment, mais y en avait deux ou trois dans les temps anciens. Et il y a deux semaines, un nécromancien dégénéré en a ranimé un alors que je chassais le gorille dans l’coin, j’ai tout vu ! Et cet abruti s’est fait écraser par la patte de c’gros machin. Du coup, ce monstre sans âme rode encore par ici.
Akavar : … Vous vous foutez d’moi ?
Bobby : Pas du tout ! Foi de Bobby la Gâchette. A deux, on devrait pouvoir neutraliser cette engeance sans nom.
Akavar : Bon, bah quand faut y aller, faut y aller.

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Plus tard, dans la jungle, le démoniste courait en essayant de ne pas perdre de vue le nain, qui marchait vachement vite malgré ses si petites jambes.

Bobby : Tu vois, la chasse, c’est pas juste tirer sur une bestiole pour la zigouiller, c’est une communion avec la Nature ! Tu dois penser comme la bête, sentir la bête…
Akavar : Bah là pour le coup, je sens le fauve effectivement.
Bobby : Mais non, jeune homme idiot ! Sentir la préseeeence de la bête… Tu dois laisser ton instint te guider vers ta proie. Et toujours dans le respect de Mère Nature. AH ! UN OISEAU, FEU FEU !

BLAM BLAM !

Akavar : Je croyais naïvement qu’on chassait à l’arc, pas au fusil.
Bobby : L’arme ne change rien. N’empêche, je l’ai bien déglingué celui-là ! Il reviendra pas de sitôt faire son malin sous mon nez !
Akavar : Y a peu de chances en effet, il est en morceaux.
Bobby : Hahaha, ouais !
Akavar : Y a rien de comique là-deda…

BLAM BLAM !

Bobby : RAPTOR !
Akavar : On va se faire repérer avec vos conneries !
Bobby : On craint rien de la faune locale, c’est moi l’prédateur ici !
Akavar : Bah, j’ai pas révisé mon schéma de la chaîne alimentaire depuis un moment, mais il me semble que le diablosaure mort-vivant c’est au dessus de nous en fait.
Bobby : Une balle dans la tête et on en parle plus.
Akavar : Bah déjà que le bestiau vivant, je suis pas sûr que ça le tue le coup de la balle dans la tête, alors le même bestiau mais en zombie, j’ai un gros doute.
Bobby : Si on est en communion avec la nature, ça passera !
Akavar : J’sais même pas ce que ça veut dire communion !

BLAM BLAM !

Akavar : Raaaah !
Bobby : Un machin bougeait dans les buissons, on aurait dit un gorille.

Le machin en question cria un coup, sortit d’un buisson, et s’avéra être Gaqkua.

Gaqkua : Qui est l’abruti qui m’a tiré dessus ?
Akavar : Tiens salut Gaqkua.
Gaqkua : Ah, je t’ai paumé après le bassin de crodilisques. Et en fait j’ai paumé tous les autres en même temps. Bref, t’étais pas obligé de me tirer dessus pour me faire signe.
Akavar : C’est pas moi, c’est Bobby, il t’a pris pour un gorille.
Bobby : Oui, désolé.
Gaqkua : Bordel de nains alcooliques. Faut jamais leur filer un fusil à ceux-là…

___________

On expliqua la mission en cours à Gaqkua qui poussa un soupir en se résignant à mourir encore une fois. Suite à quoi on se dirigea d’un pas ferme vers le Nord, vu qu’il y avait des traces de pas de diablosaure relativement frappantes dans le décor, qui indiquaient que la créature était partie dans la direction nommée précédemment.

Gaqkua : Hey, Aka ! L’occasion est en or !
Akavar : Pardon ?
Gaqkua : L’occasion de te débarrasser de cette bande de boulets que tu te trimballes. On fait en sorte de jamais les retrouver en se barrant d’ici au plus vite !
Akavar : T’es gentil mais je dois buter Schpunzer, c’est pour ça qu’on est là.
Gaqkua : Roooh ! Mais y en a marre de ta compagnie de bras cassés ! Carrona est trop sentimental, Flaadrom est un vrai détraqué, Krayvur n’a qu’une réplique par chapitre et Charthang est un boulet de catégorie poids lourd !
Akavar : Je préfère tous ces gens à toi.
Gaqkua : QUOI ?
Akavar : En deux chapitres, tu nous as fait paumer dans la jungle, tu as foutu en l’air un zeppelin, tu m’as donné à bouffer de la doulourante ! Tu es l’être le plus ignoble que je connaisse. Et pourtant, j’ai vécu un temps à Dalaran.
Bobby : Dalaran ça vaut pas Comté de l’Or. C’est vraiment un repère de boulets là-bas. 100 fois plus d’abrutis que de maisons.
Gaqkua : On s’en fout Bobby. Sérieux, Akavar je suis vexé. Après tout ce que j’ai fait pour toi, voilà comment tu me remercies…
Akavar : AAAAAH PAR LA DAME NOIRE ! Le diablosau…

Le démoniste se fit soulever du sol par la machoire de la bestiole, avant d’être secoué dans tout les sens dans les airs, et accessoirement de se faire arracher la jambe gauche dans l’action.

Gaqkua : Ouah, ça rigole pas. Bien fait !
Bobby : Bon, une balle dans la tête et on en parle plus.

BLAM !

Gaqkua : Bon, ça lui a rien fait.
Akavar : Hiiiiiaaaaaaargl !
Bobby : Calmos…
Carrona : Gaqkua ?
Gaqkua : Oh non c'est pas vrai ! Qu’est-ce que tu fous là toi ?
Carrona : Je me suis perdu au niveau du bassin de crodilisques, je suis bien contente de tomber sur quelqu’un, j’avais un peu peur seule dans cette jungle hostile. J’ai été attiré par le bruit. Qu’est ce que …?
Gaqkua : Ouais, c’est un diablosaure squelette. Et c’est Akavar qui gigote dans la machoire du machin.
Akavar : Maaaaaais aiiiiideeeeez-moaaaaaaaa !
Carrona : Oh non le pauvre !
Gaqkua : Boh arrête, c’est rien ça, il exagère toujours.
Bobby : Bon, j’vais lui coller une balle direct dans les testicules, ça va l’calmer.
Gaqkua : Euh ouais, mais là, il a pas de testicules, c’est un squelette.
Bobby : Ah ouais, bien vu.
Carrona : Bon, laissez-moi faire…

La succube fondit à la vitesse de l’éclair devant le diablosaure, dégaina un fouet qui sortait d’on ne sait où, sauta d’un bond au sommet d’un arbre avec une petite pirouette, courait le long des branches et sautillait gracieusement d’arbre en arbre pour suivre le mouvement du mort-vivant déchaîné. Gaqkua regardait faire la succube, bouche bée. Lui qui croyait qu’elle ne savait faire que rouler des fesses ou lancer des regards timides et sensuels…

Bobby : Elle est douée la gamine là. Mais moi j’dis qu’une bonne balle dans la tête hein, y a que ça d’vrai pour déglinguer des trucs. Là, c’est bien gentil de courir dans les arbres, mais après faut l’avoiner le diablosaure.

La démonette s’arrêta soudainement de courir, fit un grand bond en avant, atterrissait directement sur la tête de la bête, passa d’un geste précis son fouet autour du cou du diablosaure, et tira d’un coup sec.

La tête de la bête mort-vivante s’effondra dans un fracas assourdissant.

Bobby : Mea Culpa, oubliez ce que j’ai dit.
Gaqkua : Eh mais en fait,elle est balèse ! Elle en a pas l’air vu d’ici !
Bobby : Elle a surtout l’air… Mmmmhhhh, miam miam miam…
Gaqkua : Ouais, enfin doucement quand même… Saleté de nain alcoolique.

Carrona dégagea Akavar des machoires du diablosaure. Le démoniste était amoché, comme d’habitude.

Carrona : Voilà tout va bien, je suis là…
Akavar : Raaaaah, mais ça commence à me saouler cette aventure ! Carrona ? C’est toi qu’a tué la bête ?
Carrona : Euh oui…
Akavar : Bah merci alors, j’ai failli me faire imploser sur ce coup-là.
Gaqkua : Hahaha, t’avais trop l’air abruti là-haut ! Ouin ouin, sauvez moooooooi ! Hahahaha !
Akavar : J’aurai voulu t’y voir…
Bobby : Bon bah, good game, je vais vous conduire à Baie du Butin. Vous roxxez grave.
Gaqkua : Pardon ?
Akavar : En route ! Enfin, dès que je retrouve ma jambe.


Fin du chapitre 4
Où Carrona a t-elle apprit à se battre comme ça ? Akavar retrouvera t-il Krayvur, Charthang et Flaadrom ? Chopera t-il Schpunzer pour lui faire ravaler son extrait de naissance ? Bobby n’est-il pas la classe incarnée ? Avec quoi se dope l’auteur pour écrire ses chapitres 1000 fois plus vite que d’ordinaire ?

Ah bah ça, c’est les grands mystères de la vie, qui seront résolues dans le chapitre 5. Ou pas.
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Publié dans Saison 3

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