Chapitre 5 : L’épisode d’excuse à Krayvur et Charthang

Publié le par Gaqkua

Alors qu’Akavar, Carrona et Gaqkua suivaient Bobby la Gachette vers Baie du Butin, à quelques kilomètres de là, un voleur mort-vivant soupirait, perdu dans la végétation, au milieu de nulle part. Il soupirait d’autant plus qu’il était tombé sur Charthang deux heures auparavant et que le marcheur du vide était un gros boulet d'mes fesses, comme chacun sait.

« -Je crois qu’on est perdu… » Répéta le démon une 45ème fois.
Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux. Il poussa un 45ème soupir et déclara d’une voix calme et contrôlée :
« -Je t’ai dit qu’on est pas perdu… Il suffit de chercher autour de nous quelque chose de particulier dans l’environnement qui nous indiquerait où nous nous situons approximativement, pour retrouver Akavar.
-Bah euuuuh… Là, y a des arbres… Et là aussi…
-Et à part des arbres ? Y doit bien y avoir un machin pour nous aider…
-Mouais. Et les buissons, ça compte ?
-Nan, ça compte pas.
-Ok. Et les plantes ?
-BORDEL ! Cherche un grand rocher, une crevasse, une rivière, des ruines, n’importe quoi !
-Ok… … Ah là ! Ah non c’est un arbre. »

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.

« -Je crois qu’on est perdu… Enchaîna le marcheur du vide obèse.
-Raaaaaah ! »

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La nuit tomba sur la jungle, Krayvur était adossé contre un arbre, et ruminait. Charthang mangeait de la viande de raptor pourri trouvée par terre, abandonnée là trois jours plus tôt par une quelconque bête méchante et pleine de dents.

Krayvur : Bon, demain on va partir vers le Nord, on devrait tomber sur la route.
Charthang : Pourquoi on a pas fait ça depuis le début ?
Krayvur : J’aurai préféré retrouver Akavar aujourd’hui, mais comme il s’est encore paumé, on va l’attendre à Baie du Butin.
Charthang : Ok. Pourquoi on a pas cherché des traces de son passage, dans le paysage ?

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.

Krayvur : On l’a fait mais tu as rien compris et tu te contentais de me montrer tous les excréments de bestioles que tu pouvais trouver ! Et j’ai rien trouvé de mon côté.
Charthang : Ah ok c’était ça. Tu m’as dit « regarde sur le sol si y a pas des traces ». Fallait dire « Regarde sur le sol si y a pas des traces de pas d’Akavar » ! Là j’aurai compris…
Krayvur : Oh la ferme…
Charthang : …
Krayvur : …
Charthang : …
Krayvur : Quoi encore ?!
Charthang : Je crois qu’on est perdu…

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux. Il partit un peu plus loin dans la jungle pour se calmer, massacra un elfe de la nuit qui traînait dans le coin et revint vers Charthang une demie heure plus tard.

Krayvur : Bon, je vais me coucher…
Charthang : Bonne nuitée !
Krayvur : Ouais ouais c’est ça…

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Krayvur : Mais bien sûr que non, on est plus perdus, on est sur la route de Strangleronce, et maintenant on suit les panneaux !
Charthang : J’ai pas confiance, peut-être que ces panneaux sont des mirages. Ou même la route. Peut-être que tout cet univers, Akavar, toi, Gaqkua, vous êtes tous les fruits de mon imagination, et que je suis en fait en train de parler tout seul dans un asile psychiatrique démoniaque.

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.

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Krayvur : Charthang, boulet ! Pourquoi t’as chargé ces trois gorilles géants ?!
Charthang : J’sais plus. On s’en fout, tu les as tué de toute façon.

Krayvur se pinça le haut du nez, ferma les yeux, et poussa un cri d’agacement profond.

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Charthang : On est bientôt arrivéééééé ?

Krayvur fulminait intérieurement, il essayait tant bien que mal de se contenir, mais là il devait faire quelque chose. Il se jeta sur un tigre de Strangleronce, qu’il dépeça vivant avec les dents, sous le regard perplexe de Charthang.

Voix de gobelin avec un fort accent russe : Priviet les gars ! Kak dila ?

Krayvur cracha une touffe de poils, se releva dignement, et fit face à son interlocuteur. Il vit avec effroi un genre de gobelin très poilu des aisselles, une jambe de bois, un fort strabisme, et un tabard de la KapitalRisk.

Krayvur : Mon dieu, c’est quoi encore ce machin là ?
Charthang : Ce chapitre part grave en sucette.
Gobelin : J’suis envoyé par l’auteur vous voyez ? En fait, là, il avait prévu de vous faire traverser un ravin avec pleins de croco au fond, sur une minuscule ficelle, pour finalement atterrir dans un piège tendu par l’ignoble Schpunzer, qui tuerait Krayvur.
Krayvur : Oh, c’est pourri…
Gobelin : Da. Mais en fait, Charthang a tout fait capoté. Il y avait des traces gigantesques de pas sur le sol, qu’il était sensé découvrir, et indiquer à son compagnon voleur. Mais il a juste remarqué la crotte d’ogre à côté. Bref, les traces vous auraient conduit au ravin, tout ça tout ça. Bref, tout a foiré, et l’auteur sait plus quoi faire. Vous avez outrepassé les règles imposées aux personnages de récits, et donc vous êtes coincé dans une sorte de dimension parallèle où les personnages secondaires de l’histoire font la loi.
Charthang : Enfoirés de persos secondaires !
Gobelin : T’es un perso secondaire.
Charthang : Han ! Les boules…
Krayvur : On fait quoi du coup ?
Gobelin : La seule solution qui s’offre à vous… c’est de me donner dix pièces d’or.
Krayvur : Pardon ?
Gobelin : Euuuh, da, dix pièces d’or, bistra.
Charthang : En fait, c’est pas un gros coup foireux ce petit speech sur notre dimension parallèle ?
Krayvur : Ouais, pour nous faire claquer notre blé…
Gobelin : Bon ok, j’avoue, je vous ai juste suivi en cachette depuis votre arrivée à Strangleronce. J’suis un voleur des grands chemins, mais j’en reste pas moins poète. Alors je tue pas, mais j’invente des histoires tellement invraisemblables que les gens les croient, après je me barre avec leurs sous, en criant que ce sont des noobs.
Krayvur : En fait, t’es juste un gros gland c’est ça ?
Charthang : J’savais bien que j’étais pas un personnage secondaire !
Gobelin : Bon, allez soyez chics et laissez-moi partir, dasvidania !

Le gobelin s’enfuyait dans la direction opposée à Krayvur mais le mort-vivant rattrapa sans peine le voleur (facile, il avait qu’une jambe), et lui décolla la tête des épaules d’un coup de pied circulaire.

Charthang : Et bien, ça rigole pas.

Le marcheur du vide parut réfléchir quelque instant, jeta des coups d'oeils autour de lui et leva les yeux.

Charthang : Au fait, je voudrais pas t’inquiéter mais… je crois qu’on est perdu.

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.

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Les deux compères virent enfin l’entrée de Baie du Butin, et c’était pas trop tôt paraît-il. Sauf que les deux gardes gobelins à l’entrée dégainèrent leurs armes en voyant arriver un mort-vivant en haillons, couvert de sang séché, avec un regard de psychopathe, et un marcheur du vide au ventre si proéminent qu’on savait pas très bien de loin où était la tête.

Krayvur fit glisser discrètement un couteau de sa manche jusqu’à sa main, parce que bon, ça commence à bien faire ces conneries.

Garde avec un piercing dans le nez : Halte là ! Pas un pas de plus !
Garde avec une oreille coupée et un visage balafré : Ouais !
Krayvur : Qu’y a t-il ?
Le Percé : On s’assure juste que vous êtes pas l’un de ses dégénérés qui venez foutre le bordel à la taverne, et embêter les dames.
Le Balafré : Ouais, y en a marre.
Krayvur : Bah non, on vient juste pour trouver des potes qu’on a paumé, et on repart.
Le Percé : C’est ce qu’ils disent tous ! Même qu’après, ils essaient tous de rentrer en force parce qu’on les laisse pas entrer, et il foute un coup de dague ou de masse dans la figure à mon confrère garde !
Le Balafré : Ouais, trop abusé quoi.
Krayvur : Nan mais laissez-nous entrer, soyez chics.
Charthang : Oui, ça fait longtemps qu’on a pas foutu le bazar quelque part !

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux alors que les gardes hurlaient qu’ils avaient encore une fois raison, et qu’ils le savaient, et que de toute façon, ils les laisseront pas passer pas ces sacs à vins.

Krayvur : Du calme, on restera tranquille.
Le Percé : Mon œil tiens.
Le Balafré : Et mon cul c’est du poulet ?
Charthang : Tiens, j’ai faim d’ailleurs.


_____________

Deux heures plus tard, après moultes tractations inutiles, Krayvur et son acolyte étaient toujours dehors. Le voleur s’était résigné et s’était affalé dans l’herbe, en face de la grotte qui donnait sur Baie du Butin. Le démon à ses côtés chantait sa joie, ce qui avait le don d’agacer d’autant plus le mort-vivant.

Charthang : On the road again ! Just can't wait to get on the road again. The life I love is makin' music with my friends…
Krayvur : Charthang. T’es vraiment un gros gros gros gros GROS BOULET !
Charthang : Tu mens, j’suis cool… Et t’es jaloux de ma coolitude. What’s up ? What’s up ?

Le voleur prit sa tête dans ses mains en se recroquevillant sur lui-même, et émit un long râle d’agonie.

Soudain, d’autres voix se firent entendre, sur la route, qui s’approchaient lentement d’eux. Krayvur reconnut sans peine la voix stridente de Gaqkua et le ton monocorde et blasé d’Akavar.

Gaqkua : Et alors là, j’lui ai dit « Heho, si tu voulais pas que je te botte le fion, fallait pas me parler de ma mère. »
Akavar : Ok, c’est bien.
Bobby : On est pratiquement arrivé, pas trop tôt.
Flaadrom : Il est vrai que l’humour du diablotin pendant je ne sais combien de temps, sur cette route déserte, c’est assez peu divertissant…
Gaqkua : Hein ?
Akavar : Il a dit que ton humour craignait.
Gaqkua : QUOI ?
Carrona : Je confirme.
Bobby : Moi j’le trouve marrant. Parce que la petite madame là, elle est pas bien causante. Et le petit monsieur démoniste, on l’entend juste quand il s’agît de se plaindre. Et le chien je comprends rien quand il cause.
Gaqkua : Voilà. Les nains ont le sens de l’humour.
Akavar : Rooh, va te faire voir.
Gaqkua : Très bien. J’vous ai raconté la fois où j’ai étouffé un de mes potes diablotins avec un écureuil ?
Akavar : Oui, tu nous as dit…
Carrona : Déjà que tes histoires sont nulles, en plus ce sont toujours les cinq-six mêmes qui reviennent !
Gaqkua : Mais c’est qu’ils sont hargneux aujourd’hui !
Akavar : Tiens Krayvur ! Arf, mince, y a Charthang aussi…
Krayvur : Re.
Charthang : Salut les copains !
Carrona : Bonjour bonjour !
Flaadrom : Salutations.
Bobby : C’est qui encore ces glandus ?
Akavar : Un de mes démons, pis un assassin mort-vivant.
Bobby : Ok j’retire l’emploi du terme « glandu ».
Krayvur : Z’étiez où ?
Akavar : On s’est tous perdu, j’ai failli me faire bouffer par un diablosaure squelette, on a croisé un gnome avec l’accent espagnol qui nous parlait d’un truc avec un auteur, j’ai rien compris, on a retrouvé Flaadrom dans une fosse remplie de femmes nues, et je sais pas trop pourquoi. Et nous voilà.
Charthang : Nous, on a pas réussi à entrer dans Baie du Butin. J’crois qu’en fait, les gardes à l'entrée sont des agents de la Légion Ardente.

Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.

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Le groupe rentra finalement dans Baie du Butin avec l’aide de Bobby la Gachette et sa réputation de chasseur émérite, qui leur permit d’entrer. La compagnie passa la soirée à la taverne, Bobby restait avec eux ce soir, parce que faut bien picoler à un moment… Non mais.

Donc tout le monde était bourré, sauf Carrona, évidemment. Bobby était en caleçon, Krayvur revenait dans la taverne après son quatrième vomi, Charthang s’était incrusté dans une conversation entre deux elfettes de sang et récitait l’alphabet en rotant pour les épater, Akavar avait le regard encore plus vide que d’habitude, et criait à intervalles réguliers « Les gars, comment j’aime trop la non-vie t’as vu ? ». Et enfin Flaadrom commandait boisson sur boisson, dans le plus grand calme, avec classe. Et il tenait le coup pour le moment.

Krayvur : Et alors là, y m’fait « ha j’crois qu’on est perdu… », j’te jure quel boulet !
Bobby : Ha ça m’étonne pas tiens !
Carrona : Vous êtes complètement saouls.
Akavar : Ooooooh l’auuuuuuutre hé ! J’y suis pas saoul, c’est à cause que en fait euuuuh… Gaqkua, aide-moi.
Gaqkua : Tu vois, boire c’est bien, sale morue.
Carrona : COMMENT ?

PLAF !

La tête du diablotin s’écrasa contre la table avec force et fracas en une fraction de seconde sous les hurlements de rires gras de Bobby et Krayvur, ce dernier renversant une demi-douzaine de chopes vides en cognant sa tête contre la tablée, pour imiter le mouvement de Gaqkua.

Flaadrom : Tu l’as pas volé celle-lààààà, mon Gaqkua !
Gaqkua : Bordel, mon nez est cassé c’est sûr.
Carrona : Vous n’êtes que des gros barbares débiles !
Akavar : Ooooooooh l’auuuuuuuuutre hé ! Nan mais reviens ! Rooooh… Les gars. Comment j’aime trop la non-vie tu vois ?

Charthang venait de se prendre un coup de masse dans la tronche, ainsi qu’un jet de lumière sacrée dans les yeux, et revint en titubant à la table d’Akavar, aveuglé et meurtri dans son corps et dans son âme, en renversant trois chaises, une table, et un gnome sur son passage.

Charthang : J’étais sur le point de conclure !
Krayvur : Ah mince. Attendez. J’suis sensé faire un truc non? Quand Charthang dit une grosse connerie... Ah oui si ça y est, j’ai trouvé !

Krayvur tenta de se pincer le haut du nez, se planta un doigt dans l’œil à la place, et l’autre dans la narine droite, puis s’effondra sur le plancher.

Akavar : Gaqkua, tu veux que j’te dise ? C’était vraiment n’importe quoi ce chapitre ! De long en large ! Aucun scénario, aucune continuité dans l’histoire, une suite de dialogue navrant…
Gaqkua : Ouais. Comme toute la série quoi.
Akavar : Oooooooooh l’auuuuuuuutre hé !

Fin du chapitre 5

Mais qu'est-ce que c'est donc que ce gobelin de la KapitalRisk avec un accent russe, une jambe de bois et un œil qui dit merde à l'autre? Où vont les marcheurs du vide pour mourir? Tiens, et Schpunzer, qu'est-ce qu'il devient? Gaqkua a t-il réellement le nez cassé?

Franchement, ses questions sont sans intérêt. Et ne trouveront aucune réponse dans le chapitre 7 en plus.
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Publié dans Saison 3

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