Chapitre 9 : Schpunzer, un gnome qui vous veut du mal.
Un gnome bien connu, tout sourire, admirait l’épave du tank maritime, « le Marteau Qui Tue », qui venait d’exploser quelques minutes plus tôt. Debout sur les hauteurs du rivage Nord-Est de Strangleronce, le petit démoniste entra dans un fou rire de dément, les yeux injectés de sang. A côté de lui, son marcheur du vide rouge assista à cet étalage de folie sans rien piger.
Jurgfank : Eh, il s’est passé quoi là en fait ?
Schpunzer : Muhahahaha ! J’ai forcé Delan Akavarus à tomber dans mon piège tu vois ! Un informateur m’a appris que cet imbécile s’était fait embarquer sur le « Bon Sang de Bois ». J’ai demandé à des amis gnomes de m’aider à torpiller ce vaisseau pour régler la question genre définitivement t'sais. Ce fut fait. Mais plus tard, le même informateur m’envoya un pigeon mécanique voyageur depuis le bateau de Lamya, et m’informa donc que Delan avait survécu, t'sais, genre tranquille et tout. Soit. Je les ai laissé me suivre quelques semaines, pour bien les énerver. Et là, quand je me dis qu’ils sont à point, je pose une petite bombe artisanale, normal quoi. Cela a fortement déplu à mes congénères gnomes, que j’ai donc dû massacrer pour la bonne cause, enfin bon c'est la vie toi même tu sais, cousin. Puis j’ai attendu qu’inévitablement Delan grimpe à bord pour venir me chercher, en pariant sur le fait que cette chère Lamya ne monterait pas, elle. Et j’avais raison t'sais!
Jurgfank : Ah. Euh, désolé, j’ai lâché après le « cet imbécile » .
Schpunzer : Peu importe. Toujours est-il que j’ai explosé ce stupide mort-vivant ! Lamya est à moooooooooi ! Muhahahahaaaaaa ! Enfin tu vois le genre quoi.
Le gnome repartit dans une navrante crise d’hystérie, dont je vous épargne la durée totale.
___________
Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, sur le rivage, les vagues ramenèrent sur le plage quelques débris, parmi lesquels flottaient Gaqkua et Akavar, sous un amas de tôle froissé. Le démoniste gisait inconscient, comme à son habitude.
Gaqkua : J’t’en foutrais moi, du voyage à Strangleronce ! Strangleronce, une aventure incroyable ! Le sable fin, les cocotiers, les femmes dévêtues. Mes fesses ouais ! Un dinosaure squelette enragé, une explosion apocalyptique sur un bateau en fer, vlà c’qu’on a vu pour l’instant. Alors c’est sûr, ça brise le mythe. Mais bon. Hey, Aka, arrête de nous la jouer comateux, bouge. Heho. HEHO !
Akavar : Hmrph, keskia ?
Gaqkua : Y a qu’on s’est encore fait sauvagement déboiter la figure avec tes conneries.
Akavar : La ferme, c’est toi qui me pousse à la faute.
Gaqkua : Bah tiens. C’est pratique comme excuse…
Akavar : Bon, cette fois…
Gaqkua : Cette fois on prend notre retraite ?
Akavar : Nan, cette fois j’vais vraiment lui fumer la gueu** à ce gnome.
Gaqkua : Ah. Tant pis, j’aurai essayé.
Akavar : Où sont les autres ?
Gaqkua : J’sais pas, leur bateau a dû faire un bond en arrière avec la détonation, les vagues tout ça. Enfin j’y connais rien. Toute façon, parmi ces débris on est indétectable. Donc ils savent pas où on est.
Akavar : Tant mieux. C’est une affaire personnelle maintenant, laissons les clampins en dehors de ça.
Gaqkua : Ah… Dommage. T’es lourd.
Akavar : Non mais toi tu peux venir.
Gaqkua : Cool, je croyais que j’étais classé dans les clampins.
Akavar se redressa et fit face à son démon.
Akavar : A la vie à la mort, mon vieux.
Gaqkua : Mon frère, ça c’est parlé.
Le démoniste et le diablotin s’avancèrent dans les profondeurs de la jungle, au hasard, avec la ferme intention d’en découdre. Je vous raconte pas l’aggro monumental de bêtes sauvages qui en a résulté.
Gaqkua : N’empêche, c’était la plus belle explosion dans laquelle on a jamais été prise.
Akavar : Et pourtant, on en a vu.
Gaqkua : Gaffe, t’as une bête dans les cheveux.
Akavar : On s’en fout.
Gaqkua : C’est un tigre.
Tigre : GRAOOOOOOU !
Akavar : RAAAAAH !
__________
Schpunzer : Et donc, tu vois Jurgfank, le dernier ingrédient de ma « love potion », c’est des murlocs qui l’ont. J’ai trouvé la plante à Zul Gurub, bon, j’aime autant te dire que c’était un peu hard comme mission. Bref. Donc je ressors de ce merdier, tu sais, pèpère quoi, tranquille, et là t’as un murloc qui m’arrache la plante des mains, comme ça, sans raison. Et il se barre en courant. C’est quand même une honte non ? Enfin je sais pas, ils ont rien d’autre à faire que d’emmerder les honnêtes gens ceux-là ? Non mais sérieux.
Jurgfank : Ouais, c’est vraiment un scandale. J’ai toujours dit que les murlocs, ils étaient pas civilisés déjà.
Schpunzer : Oui, c’est vrai, je t’ai souvent entendu le dire à Carrona. Bref. Ouais donc. Je le paume dans la jungle, normal quoi. Sinon, ça aurait été trop beau. J’me suis juste fait courser par une centaine de troll et un genre de serpent géant qui vole, c’était trop facile. C’était il y a un mois. Je me suis occupé de Delan en attendant tu vois, pour décompresser quoi. Mais maintenant, c’est l’heure de la chasse au murloc, l’heure de ma vengeance contre la faune locale !
Jurgfank : C’est pour ça qu’on est tombé dans cette fosse pleine de crotales donc ?
Schpunzer : Non, ça c’est parce que je regarde jamais où je mets les pieds.
___________
Gaqkua : Et alors là j’lui ai dit « c’est pas parce que j’ai roté dans ton visage que j’suis mal intentionné ». C’est vrai quoi, j’l’ui ai rien fait si on regarde bien.
Akavar : Non mais j’suis d’accord avec toi, mais c’est pas comme ça qu’on aborde une elfette.
Gaqkua : Allez, arrête de faire ton romantique, je vais vomir. Ressaisis-toi ! Bon, depuis qu’on est à Strangleronce, je ressens plus ta soif d’aventure, ton désir d’un voyage sans contraintes.
Akavar : Tant que Schpunzer vivra, je n’aurai aucun autre centre d’intérêt que la vengeance et la haine envers cet enfoiré.
Gaqkua : Ah ok chouette. Par contre, dès qu’on l’aura refroidi, on prend une carte, on ferme les yeux, et on choisit une destination au hasard pour faire n’importe quoi. Parce que ça suffit maintenant.
Akavar : Ok. Hey ! J’ai entendu un bruit dans le fourré là-bas.
Gaqkua : Si c’est encore un tigre, je me barre, j’te préviens.
Du fourré susnommé surgit Krayvur.
Krayvur : J’ai l’air d’un tigre ?
Akavar : Eh mais qu’est-ce que tu fais là ?
Krayvur : Nous avons accosté un peu plus loin sur la côte, on allait partir à la recherche de Schpunzer. On vous croyait mort.
Gaqkua : Et bin, ça a l’air de vachement vous perturber à ce que je vois…
Krayvur : Oh bah moi je me doutais que vous étiez vivants hein, on en a vu d’autres. Par contre, Carrona et Charthang ont tout les deux pleurés si ça peut vous faire plaisir.
Gaqkua : Hahaha, vraiment ce Charthang, quel glandu ! Et Flaadrom ?
Krayvur : Non, lui, il s’en fout.
Akavar : Je m’en souviendrai. Bon. Lamya t’a envoyé tout seul en éclaireur ?
Krayvur : En fait oui.
Gaqkua : C’est débile.
Krayvur : On lui a dit, mais elle a rien voulu entendre, elle nous a balancé deux trois vannes, a commencé à incanter une boule de feu, aussi j’ai obéi.
Gaqkua : T’es vraiment un gros soumis.
Akavar : Bon, Krayvur, viens avec nous, on va buter Schpunzer avant que Lamya l’attrape. Ensuite, on fout le camp d’ici.
Krayvur : Ok, c’est parti. Mais ils vont pas s’inquiéter si ils me voient pas revenir ?
Gaqkua : On s’en tamponne.
Krayvur : Ok.
Alors que le groupe se préparait à partir à la chasse au gnome, le démoniste sentit une présence derrière lui. Il fit volte-face avec élégance et vit un elfe de la nuit couvert d’un équipement en [Osier Tressé de la Baleine redoutable] .
Sallvir : Salut.
Akavar : Eh t’es qui toi ?
Sallvir : Moi ? Personne, je cherche juste la gare.
Akavar : … La gare? Non, dégage ste plait.
Sallvir : Ok merci, à plus.
Gaqkua : Krayvur, lance-lui une dague dans le dos.
SHLAK !
Krayvur : Voilà.
Gaqkua : Ah oui, joli. Il bouge encore un peu, t’es capable d’en lancer une deuxième dans sa tête alors qu’il gigote dans les hautes herbes ?
SHLAK !
Gaqkua : Et bah, ça m’en bouche un coin.
Akavar : Bon, vous avez fini ? Allez, on y va.
___________
Schpunzer : Tu crois y va y dire le mec ? Y va y dire « Salut, j’suis ton fiancé, mais je reviens en mort-vivant démoniste lolilol. » ? Moi j’crois y va pas y dire.
Jurgfank : Quel rapport avec le murloc voleur ?
Schpunzer : Euh. Je sais plus. Pour en revenir au murloc. Bon, j’suis trop saoulé quoi. Je travaille ma compétence herboriste pour l’occasion quoi, je pars de 0 tu vois. Je me casse le cul à cueillir des plantes pourries t’sais, tu vois le truc. Bon, quand enfin je pars à Zul Gurub quoi, bon, tranquille quoi, bon je me farcis des trolls quoi ? Bon, moi je dis rien quoi, j’suis un type cool, normal quoi, mais faut pas pousser gangre-mémé dans les orties si ? Non mais sérieux, tu trouves ça normal toi ? Que ma plante super rare elle soit à Zul Gurub quoi ? C’est trop la zone là-bas, tout le monde t’attaque à vue, alors que tu viens en paix, keep cool et tout, les mains dans l’dos. Je trouve la plante, bon, comme par hasard elle est au milieu de la ville quoi, dans la flotte en plus. J’ai mis trois heures à la trouver déjà. On peut dire que j’avais les nerfs à vif hein, ah bah là, je bavais de rage. Enfin bon, moi, tac tac, je vais dans l’eau t’sais, je cueille la plante, en plus elle avait des épines quoi ! Non mais trop abusé…
Jurgfank : Ah, ça c’est bien vrai.
Schpunzer : Je sors en courant et tout, y a ma vie en jeu tu sais, pas tranquille quoi. Et là, y a un murloc qui surgit, qui me pique ma plante comme ça, sur un coup de tête, même pas il dirait « désolé » quoi, non mais c’est quand même choquant. Toute façon, je l’aurai bien attrapé ce murloc sur le coup, mais il m’a pris par surprise tu vois. En plus, il courait vite, et moi j’avais le dos tourné, et puis j’avais du sable dans les yeux tu sais, toute manière j’ai fait exprès de le laisser partir.
Jurgfank : Ouais ok.
Schpunzer : T’as vraiment rien à dire toi hein ?
Jurgfank : … En effet.
Le gnome passa une main sur son visage et arrêta deux minutes de gémir. Il avait vu quelque chose bouger derrière une moitié de pilier effondré, dans les ruines de Jubuwai. Quelques écailles bleues et une crête jaune dépassaient.
Schpunzer : Se pourrait-il que ?
Chose derrière le pilier : Mrglmbglmbglmb !
Schpunzer : C’est lui, je reconnais son cri de guerre, tu vas crever, sale voleur !
Le gnome démoniste fit un prodigieux bond en avant, passa par dessus le pilier, et vit le murloc s’enfuir dans la broussaille.
Schpunzer : Tu m’auras pas comme ça, vermine.
Le gnome dégaina son bâton infernal, et eut le temps de lancer une immolation violente sur la pauvre créature chapardeuse, qui poursuivit sa course dans la jungle. Schpunzer invoqua promptement son gangregarde, grimpa sur sa tête, et lui mit un violent coup de bâton dans la nuque en criant « Rattrape moi cette petite crotte ». Le gangregarde se mit à cavaler à toute vitesse à la poursuite du murloc, laissant le marcheur du vide Jurgfank seul avec lui-même.
Jurgfank : Et moi je fais quoi ?
____________
Le murloc courait, courait, droit devant, sans chercher à comprendre. Déjà, il aurait du mal à comprendre, il n’était que murloc. En plus, il était actuellement en feu. Tout ce qu’il savait, c’était qu’un petit être lui voulait du mal sans aucune raison. Ou peut-être voulait-il la « Jolie Fleur qui brille ». C’est vrai qu’elle était jolie cette fleur, avec ses pétales rouges et noires. Tellement jolie qu’il avait dû la prendre des mains de ce petit nabot qui respirait la cruauté, même lui pouvait le sentir. Il ne savait pas pourquoi il l’avait arraché des mains du gnome, il ne se rendait peut-être même pas compte. Son instinct lui avait simplement dicté son geste. Le gnome allait faire de mauvaises choses avec la Jolie Fleur. Et le murloc n’aimait pas que l’on fasse de mauvaises choses. Mais le petit être était de nouveau là, il était en colère. Et il sentait qu’il se rapprochait de lui. Soudainement, la présence du gnome s’estompa, quelque chose l’avait empêché de poursuivre sa course. Le murloc en profita pour accélerer le pas, et percuta de plein fouet un obstacle humain. Ou plutôt un obstacle mort-vivant.
Akavar : Aaaah, keski s’passe ?
Le démoniste était tombé à la renverse sous le choc, et se trouvait nez à nez avec un étrange murloc bleu à crête jaune qui le fixait droit dans les yeux.
Gaqkua : Vlà autre chose tiens.
Akavar et le murloc se fixèrent quelques instants. Le mort-vivant n’avait jamais vu un regard aussi innocent dans des yeux aussi reptiliens. Le murloc, quant à lui, n’avait jamais vu un regard aussi triste, blasé, et à la fois flamboyant de toute sa courte vie de murloc. Inexplicablement, les deux énergumènes, yeux grands ouverts, affichèrent tous deux lentement un large sourire. Gaqkua trouvait parfaitement répugnant de voir un murloc sourire, mais trouvait encore plus horrible de voir Akavar sourire. D’habitude, quand le démoniste souriait, c’était tout au plus un rictus sadique accompagné d’un regard cruel et hautement démoniaque. Et là non. Rien de tout ça.
Akavar : On peut le garder ?
Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.
Krayvur : Tu veux qu’on adopte… un murloc ?
Gaqkua : Je sais pas si je dois rire ou pleurer.
Akavar : Allez, ce sera notre mascotte !
Krayvur : Non mais t’es sérieux ? Tu nous vois nous balader avec un murloc, à Orgrimmar, ou à Désolace ?
Akavar : Pourquoi pas ?
Gaqkua : Oh non mais là, c’est craignos quoi.
Le diablotin s’approcha à son tour du murloc, qui le fixa à son tour dans les yeux, plein d’intérêts.
Gaqkua : …
Murloc : …
Gaqkua : …
Murloc : Mrgl ?
Gaqkua : Ok, on le garde.
Krayvur : Roh c’est pas vrai…
Akavar: On peut l'appeler Jubby?
Gaqkua: Jubby ça craint.
Akavar: Ok, va pour Flubby alors.
Gaqkua: C'est quasiment la même chose...
Akavar: Osef.
Le murloc regarda ses nouveaux amis avec un grand sourire jovial, et tendit à Akavar la Jolie Fleur, en guise de cadeau d'amitié.
Akavar: Hahaha, trop mignon, c'est pour moi?
Flubby: Gluglu!
Schpunzer: Nan, c'est plutôt pour moi en fait.
Le démoniste fit un bond et vit l'infâme Schpunzer, couvert de cendres, sur les épaules de son gangregarde, couvert de cendres lui aussi. Le gnome se lissa sa moustache verte avec une expression qui mêlait auto-satisfaction, étonnement, agacement et haine pure. Bref, une expression balèze quoi.
Schpunzer: Je ne sais pas ce qui me fait le plus rire Delan! Le fait que je te retrouve en vie, tranquille quoi, le fait que tu sois avec ce murloc voleur, ou bien... le fait que les lecteurs ne verront notre combat que dans l'épisode suivant! Muhahahahahahaha!
Fin du chapitre 9.
Pourquoi Schpunzer est-il aussi ignoble? Flubby a t-il un rôle à jouer dans le combat qui s'annonce? Qui est le traître qui a informé Schpunzer des déplacements d'Akavar? Pourquoi Schpunzer parle comme un débile mental?
Toutes ces réponses et bien d'autres encore, en cadeau dans votre boîte de céréales préféré. Ou bien dans l'épisode 10 sinon.
Jurgfank : Eh, il s’est passé quoi là en fait ?
Schpunzer : Muhahahaha ! J’ai forcé Delan Akavarus à tomber dans mon piège tu vois ! Un informateur m’a appris que cet imbécile s’était fait embarquer sur le « Bon Sang de Bois ». J’ai demandé à des amis gnomes de m’aider à torpiller ce vaisseau pour régler la question genre définitivement t'sais. Ce fut fait. Mais plus tard, le même informateur m’envoya un pigeon mécanique voyageur depuis le bateau de Lamya, et m’informa donc que Delan avait survécu, t'sais, genre tranquille et tout. Soit. Je les ai laissé me suivre quelques semaines, pour bien les énerver. Et là, quand je me dis qu’ils sont à point, je pose une petite bombe artisanale, normal quoi. Cela a fortement déplu à mes congénères gnomes, que j’ai donc dû massacrer pour la bonne cause, enfin bon c'est la vie toi même tu sais, cousin. Puis j’ai attendu qu’inévitablement Delan grimpe à bord pour venir me chercher, en pariant sur le fait que cette chère Lamya ne monterait pas, elle. Et j’avais raison t'sais!
Jurgfank : Ah. Euh, désolé, j’ai lâché après le « cet imbécile » .
Schpunzer : Peu importe. Toujours est-il que j’ai explosé ce stupide mort-vivant ! Lamya est à moooooooooi ! Muhahahahaaaaaa ! Enfin tu vois le genre quoi.
Le gnome repartit dans une navrante crise d’hystérie, dont je vous épargne la durée totale.
___________
Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, sur le rivage, les vagues ramenèrent sur le plage quelques débris, parmi lesquels flottaient Gaqkua et Akavar, sous un amas de tôle froissé. Le démoniste gisait inconscient, comme à son habitude.
Gaqkua : J’t’en foutrais moi, du voyage à Strangleronce ! Strangleronce, une aventure incroyable ! Le sable fin, les cocotiers, les femmes dévêtues. Mes fesses ouais ! Un dinosaure squelette enragé, une explosion apocalyptique sur un bateau en fer, vlà c’qu’on a vu pour l’instant. Alors c’est sûr, ça brise le mythe. Mais bon. Hey, Aka, arrête de nous la jouer comateux, bouge. Heho. HEHO !
Akavar : Hmrph, keskia ?
Gaqkua : Y a qu’on s’est encore fait sauvagement déboiter la figure avec tes conneries.
Akavar : La ferme, c’est toi qui me pousse à la faute.
Gaqkua : Bah tiens. C’est pratique comme excuse…
Akavar : Bon, cette fois…
Gaqkua : Cette fois on prend notre retraite ?
Akavar : Nan, cette fois j’vais vraiment lui fumer la gueu** à ce gnome.
Gaqkua : Ah. Tant pis, j’aurai essayé.
Akavar : Où sont les autres ?
Gaqkua : J’sais pas, leur bateau a dû faire un bond en arrière avec la détonation, les vagues tout ça. Enfin j’y connais rien. Toute façon, parmi ces débris on est indétectable. Donc ils savent pas où on est.
Akavar : Tant mieux. C’est une affaire personnelle maintenant, laissons les clampins en dehors de ça.
Gaqkua : Ah… Dommage. T’es lourd.
Akavar : Non mais toi tu peux venir.
Gaqkua : Cool, je croyais que j’étais classé dans les clampins.
Akavar se redressa et fit face à son démon.
Akavar : A la vie à la mort, mon vieux.
Gaqkua : Mon frère, ça c’est parlé.
Le démoniste et le diablotin s’avancèrent dans les profondeurs de la jungle, au hasard, avec la ferme intention d’en découdre. Je vous raconte pas l’aggro monumental de bêtes sauvages qui en a résulté.
Gaqkua : N’empêche, c’était la plus belle explosion dans laquelle on a jamais été prise.
Akavar : Et pourtant, on en a vu.
Gaqkua : Gaffe, t’as une bête dans les cheveux.
Akavar : On s’en fout.
Gaqkua : C’est un tigre.
Tigre : GRAOOOOOOU !
Akavar : RAAAAAH !
__________
Schpunzer : Et donc, tu vois Jurgfank, le dernier ingrédient de ma « love potion », c’est des murlocs qui l’ont. J’ai trouvé la plante à Zul Gurub, bon, j’aime autant te dire que c’était un peu hard comme mission. Bref. Donc je ressors de ce merdier, tu sais, pèpère quoi, tranquille, et là t’as un murloc qui m’arrache la plante des mains, comme ça, sans raison. Et il se barre en courant. C’est quand même une honte non ? Enfin je sais pas, ils ont rien d’autre à faire que d’emmerder les honnêtes gens ceux-là ? Non mais sérieux.
Jurgfank : Ouais, c’est vraiment un scandale. J’ai toujours dit que les murlocs, ils étaient pas civilisés déjà.
Schpunzer : Oui, c’est vrai, je t’ai souvent entendu le dire à Carrona. Bref. Ouais donc. Je le paume dans la jungle, normal quoi. Sinon, ça aurait été trop beau. J’me suis juste fait courser par une centaine de troll et un genre de serpent géant qui vole, c’était trop facile. C’était il y a un mois. Je me suis occupé de Delan en attendant tu vois, pour décompresser quoi. Mais maintenant, c’est l’heure de la chasse au murloc, l’heure de ma vengeance contre la faune locale !
Jurgfank : C’est pour ça qu’on est tombé dans cette fosse pleine de crotales donc ?
Schpunzer : Non, ça c’est parce que je regarde jamais où je mets les pieds.
___________
Gaqkua : Et alors là j’lui ai dit « c’est pas parce que j’ai roté dans ton visage que j’suis mal intentionné ». C’est vrai quoi, j’l’ui ai rien fait si on regarde bien.
Akavar : Non mais j’suis d’accord avec toi, mais c’est pas comme ça qu’on aborde une elfette.
Gaqkua : Allez, arrête de faire ton romantique, je vais vomir. Ressaisis-toi ! Bon, depuis qu’on est à Strangleronce, je ressens plus ta soif d’aventure, ton désir d’un voyage sans contraintes.
Akavar : Tant que Schpunzer vivra, je n’aurai aucun autre centre d’intérêt que la vengeance et la haine envers cet enfoiré.
Gaqkua : Ah ok chouette. Par contre, dès qu’on l’aura refroidi, on prend une carte, on ferme les yeux, et on choisit une destination au hasard pour faire n’importe quoi. Parce que ça suffit maintenant.
Akavar : Ok. Hey ! J’ai entendu un bruit dans le fourré là-bas.
Gaqkua : Si c’est encore un tigre, je me barre, j’te préviens.
Du fourré susnommé surgit Krayvur.
Krayvur : J’ai l’air d’un tigre ?
Akavar : Eh mais qu’est-ce que tu fais là ?
Krayvur : Nous avons accosté un peu plus loin sur la côte, on allait partir à la recherche de Schpunzer. On vous croyait mort.
Gaqkua : Et bin, ça a l’air de vachement vous perturber à ce que je vois…
Krayvur : Oh bah moi je me doutais que vous étiez vivants hein, on en a vu d’autres. Par contre, Carrona et Charthang ont tout les deux pleurés si ça peut vous faire plaisir.
Gaqkua : Hahaha, vraiment ce Charthang, quel glandu ! Et Flaadrom ?
Krayvur : Non, lui, il s’en fout.
Akavar : Je m’en souviendrai. Bon. Lamya t’a envoyé tout seul en éclaireur ?
Krayvur : En fait oui.
Gaqkua : C’est débile.
Krayvur : On lui a dit, mais elle a rien voulu entendre, elle nous a balancé deux trois vannes, a commencé à incanter une boule de feu, aussi j’ai obéi.
Gaqkua : T’es vraiment un gros soumis.
Akavar : Bon, Krayvur, viens avec nous, on va buter Schpunzer avant que Lamya l’attrape. Ensuite, on fout le camp d’ici.
Krayvur : Ok, c’est parti. Mais ils vont pas s’inquiéter si ils me voient pas revenir ?
Gaqkua : On s’en tamponne.
Krayvur : Ok.
Alors que le groupe se préparait à partir à la chasse au gnome, le démoniste sentit une présence derrière lui. Il fit volte-face avec élégance et vit un elfe de la nuit couvert d’un équipement en [Osier Tressé de la Baleine redoutable] .
Sallvir : Salut.
Akavar : Eh t’es qui toi ?
Sallvir : Moi ? Personne, je cherche juste la gare.
Akavar : … La gare? Non, dégage ste plait.
Sallvir : Ok merci, à plus.
Gaqkua : Krayvur, lance-lui une dague dans le dos.
SHLAK !
Krayvur : Voilà.
Gaqkua : Ah oui, joli. Il bouge encore un peu, t’es capable d’en lancer une deuxième dans sa tête alors qu’il gigote dans les hautes herbes ?
SHLAK !
Gaqkua : Et bah, ça m’en bouche un coin.
Akavar : Bon, vous avez fini ? Allez, on y va.
___________
Schpunzer : Tu crois y va y dire le mec ? Y va y dire « Salut, j’suis ton fiancé, mais je reviens en mort-vivant démoniste lolilol. » ? Moi j’crois y va pas y dire.
Jurgfank : Quel rapport avec le murloc voleur ?
Schpunzer : Euh. Je sais plus. Pour en revenir au murloc. Bon, j’suis trop saoulé quoi. Je travaille ma compétence herboriste pour l’occasion quoi, je pars de 0 tu vois. Je me casse le cul à cueillir des plantes pourries t’sais, tu vois le truc. Bon, quand enfin je pars à Zul Gurub quoi, bon, tranquille quoi, bon je me farcis des trolls quoi ? Bon, moi je dis rien quoi, j’suis un type cool, normal quoi, mais faut pas pousser gangre-mémé dans les orties si ? Non mais sérieux, tu trouves ça normal toi ? Que ma plante super rare elle soit à Zul Gurub quoi ? C’est trop la zone là-bas, tout le monde t’attaque à vue, alors que tu viens en paix, keep cool et tout, les mains dans l’dos. Je trouve la plante, bon, comme par hasard elle est au milieu de la ville quoi, dans la flotte en plus. J’ai mis trois heures à la trouver déjà. On peut dire que j’avais les nerfs à vif hein, ah bah là, je bavais de rage. Enfin bon, moi, tac tac, je vais dans l’eau t’sais, je cueille la plante, en plus elle avait des épines quoi ! Non mais trop abusé…
Jurgfank : Ah, ça c’est bien vrai.
Schpunzer : Je sors en courant et tout, y a ma vie en jeu tu sais, pas tranquille quoi. Et là, y a un murloc qui surgit, qui me pique ma plante comme ça, sur un coup de tête, même pas il dirait « désolé » quoi, non mais c’est quand même choquant. Toute façon, je l’aurai bien attrapé ce murloc sur le coup, mais il m’a pris par surprise tu vois. En plus, il courait vite, et moi j’avais le dos tourné, et puis j’avais du sable dans les yeux tu sais, toute manière j’ai fait exprès de le laisser partir.
Jurgfank : Ouais ok.
Schpunzer : T’as vraiment rien à dire toi hein ?
Jurgfank : … En effet.
Le gnome passa une main sur son visage et arrêta deux minutes de gémir. Il avait vu quelque chose bouger derrière une moitié de pilier effondré, dans les ruines de Jubuwai. Quelques écailles bleues et une crête jaune dépassaient.
Schpunzer : Se pourrait-il que ?
Chose derrière le pilier : Mrglmbglmbglmb !
Schpunzer : C’est lui, je reconnais son cri de guerre, tu vas crever, sale voleur !
Le gnome démoniste fit un prodigieux bond en avant, passa par dessus le pilier, et vit le murloc s’enfuir dans la broussaille.
Schpunzer : Tu m’auras pas comme ça, vermine.
Le gnome dégaina son bâton infernal, et eut le temps de lancer une immolation violente sur la pauvre créature chapardeuse, qui poursuivit sa course dans la jungle. Schpunzer invoqua promptement son gangregarde, grimpa sur sa tête, et lui mit un violent coup de bâton dans la nuque en criant « Rattrape moi cette petite crotte ». Le gangregarde se mit à cavaler à toute vitesse à la poursuite du murloc, laissant le marcheur du vide Jurgfank seul avec lui-même.
Jurgfank : Et moi je fais quoi ?
____________
Le murloc courait, courait, droit devant, sans chercher à comprendre. Déjà, il aurait du mal à comprendre, il n’était que murloc. En plus, il était actuellement en feu. Tout ce qu’il savait, c’était qu’un petit être lui voulait du mal sans aucune raison. Ou peut-être voulait-il la « Jolie Fleur qui brille ». C’est vrai qu’elle était jolie cette fleur, avec ses pétales rouges et noires. Tellement jolie qu’il avait dû la prendre des mains de ce petit nabot qui respirait la cruauté, même lui pouvait le sentir. Il ne savait pas pourquoi il l’avait arraché des mains du gnome, il ne se rendait peut-être même pas compte. Son instinct lui avait simplement dicté son geste. Le gnome allait faire de mauvaises choses avec la Jolie Fleur. Et le murloc n’aimait pas que l’on fasse de mauvaises choses. Mais le petit être était de nouveau là, il était en colère. Et il sentait qu’il se rapprochait de lui. Soudainement, la présence du gnome s’estompa, quelque chose l’avait empêché de poursuivre sa course. Le murloc en profita pour accélerer le pas, et percuta de plein fouet un obstacle humain. Ou plutôt un obstacle mort-vivant.
Akavar : Aaaah, keski s’passe ?
Le démoniste était tombé à la renverse sous le choc, et se trouvait nez à nez avec un étrange murloc bleu à crête jaune qui le fixait droit dans les yeux.
Gaqkua : Vlà autre chose tiens.
Akavar et le murloc se fixèrent quelques instants. Le mort-vivant n’avait jamais vu un regard aussi innocent dans des yeux aussi reptiliens. Le murloc, quant à lui, n’avait jamais vu un regard aussi triste, blasé, et à la fois flamboyant de toute sa courte vie de murloc. Inexplicablement, les deux énergumènes, yeux grands ouverts, affichèrent tous deux lentement un large sourire. Gaqkua trouvait parfaitement répugnant de voir un murloc sourire, mais trouvait encore plus horrible de voir Akavar sourire. D’habitude, quand le démoniste souriait, c’était tout au plus un rictus sadique accompagné d’un regard cruel et hautement démoniaque. Et là non. Rien de tout ça.
Akavar : On peut le garder ?
Krayvur se pinça le haut du nez et ferma les yeux.
Krayvur : Tu veux qu’on adopte… un murloc ?
Gaqkua : Je sais pas si je dois rire ou pleurer.
Akavar : Allez, ce sera notre mascotte !
Krayvur : Non mais t’es sérieux ? Tu nous vois nous balader avec un murloc, à Orgrimmar, ou à Désolace ?
Akavar : Pourquoi pas ?
Gaqkua : Oh non mais là, c’est craignos quoi.
Le diablotin s’approcha à son tour du murloc, qui le fixa à son tour dans les yeux, plein d’intérêts.
Gaqkua : …
Murloc : …
Gaqkua : …
Murloc : Mrgl ?
Gaqkua : Ok, on le garde.
Krayvur : Roh c’est pas vrai…
Akavar: On peut l'appeler Jubby?
Gaqkua: Jubby ça craint.
Akavar: Ok, va pour Flubby alors.
Gaqkua: C'est quasiment la même chose...
Akavar: Osef.
Le murloc regarda ses nouveaux amis avec un grand sourire jovial, et tendit à Akavar la Jolie Fleur, en guise de cadeau d'amitié.
Akavar: Hahaha, trop mignon, c'est pour moi?
Flubby: Gluglu!
Schpunzer: Nan, c'est plutôt pour moi en fait.
Le démoniste fit un bond et vit l'infâme Schpunzer, couvert de cendres, sur les épaules de son gangregarde, couvert de cendres lui aussi. Le gnome se lissa sa moustache verte avec une expression qui mêlait auto-satisfaction, étonnement, agacement et haine pure. Bref, une expression balèze quoi.
Schpunzer: Je ne sais pas ce qui me fait le plus rire Delan! Le fait que je te retrouve en vie, tranquille quoi, le fait que tu sois avec ce murloc voleur, ou bien... le fait que les lecteurs ne verront notre combat que dans l'épisode suivant! Muhahahahahahaha!
Fin du chapitre 9.
Pourquoi Schpunzer est-il aussi ignoble? Flubby a t-il un rôle à jouer dans le combat qui s'annonce? Qui est le traître qui a informé Schpunzer des déplacements d'Akavar? Pourquoi Schpunzer parle comme un débile mental?
Toutes ces réponses et bien d'autres encore, en cadeau dans votre boîte de céréales préféré. Ou bien dans l'épisode 10 sinon.
Publicité